Chers amis,

Lorsque les citoyens accordent dans l’enthousiasme leurs suffrages à ceux qui prétendent les représenter, il n’y a pas d’indignité aussi élevée que d’en faire cession par voie de procuration.

Dans le contexte africain, il ne suffit pas de voter. Il faut encore oeuvrer et agir afin de traduire dans la représentation le vouloir collectif. En l’espèce, il faut que chacun assure, auprès de chaque élu du front de refus de la révision de la Constitution, le service après vente afin que la corruption n’évince point de leur finalité les suffrages exprimés le 26 avril 2015.

Le bureau de l’Assemblée Nationale doit être le reflet des positions partisanes développées au cours de la campagne et des suffrages exprimés lors de l’élection. Tout autre résultat traduirait un trafic de conscience et un échec de la confiance.

Or, nombre de nos compatriotes ont défié la corruption. Il revient aux élus de les en remercier en la défiant à leur tour.

Nous nous assurons, personnellement, de notre contribution, par action, par dépassement et par renoncement, à offrir à la nation un bureau constitué en majorité du front de refus de l’indignité, de l’impunité, de la perpétuation de la gestion catastrophique des biens publics et de la révision de la Constitution.

Nous devons, à terme, évaluer la place, les avantage et les inconvénients du vote par procuration dans le système électoral des Etats africains et du Bénin en particulier. Il faut se résoudre à éviter que l’on continue d’avoir des élus par procuration, des décisions politiques par procuration, des lois par procuration et que, finalement, l’Etat soit géré par procuration.

Le vote par procuration est la plaie essentielle du système électoral et l’une des plus importantes fontaines de la corruption. L’on ne peut prévenir les scandales inadmissibles auxquels l’Etat est quotidiennement exposé sans combattre avec efficacité la corruption électorale.

Nous devons vaincre les procurations et la corruption pour mieux vaincre l’indignité.

JFD.